Lecture de Machiavel. (Le Prince)#1

À défaut de ne pas pouvoir alimenter le blog comme je l’espérais, par manque de temps, je vous propose un travail en cours qui consiste à approfondir la lecture du prince de Machiavel. Ceci pour moi dans un but universitaire. Les notes sont « à chaud » et elles sont critiques. Cette toute première grille de lecture permet une mémorisation du livre avec un début de question philosophique. Nonobstant, les choses qui peuvent être dites ne sont pas à prendre comme référence sur l’œuvre de Machiavel.

 

Je vous laisse lire cette longue citation : «leur mal à son début est facile à soigner et difficiles à diagnostiquer et traiter, mais, avec le passage du temps, s’il n’a pas été d’abord diagnostiqué et traité, il devient facile à diagnostiquer et difficiles à soigner. Ainsi advient-t-il dans les affaires d’État ; par ce que, si on les diagnostique de loin (ce qui n’est donné qu’au sage), les maladies qui y naissent sont promptement guéries ; mais quand, pour ne pas les avoir diagnostiquées, on les laisse croître, au point que chacun les diagnostique, il n’y a plus de remède. »

On peut voir dans ce paragraphe deux angles de vue par lesquels la question du fondement (scientifique?) évoqué plus haut est absente. Le premier point sur l’analogie elle-même. Dans quelle mesure comparer la médecine et la politique est pertinent ? Le deuxième point se situe dans le contenu. Machiavel indique qu’il faut diagnostiquer les problèmes au moment où il est difficile de les analyser, de les percevoir. Certes, il est facile de soigner ou de régler les problèmes politiques à ses débuts ! Cependant, comment pouvons-nous établir le début d’un problème, le début d’un conflit ? Si peu de faits sont visibles ? Il me semble que l’intuition voir même l’émotion paranoïaque peut prendre le dessus : entre ce que l’on imagine: de ce qu’il va se produire et ce qui se produit vraiment.

Hormis cette analogie, le texte de Machiavel pose question. D’abord dans sa façon de percevoir les affaires d’État. Il essaye de tirer de lecture et d’expérience des leçons qui seraient valables et applicables pour d’autres souverains.

L’un des passages, notamment quand il évoque le cas de Borgia, me laisse perplexe. Ce cas particulier, d’une expérience et de fait historique qui dans son déroulement se solde par un échec. C’est-à-dire par la mort du père de Borgia et par la mort de Borgia par la suite et surtout par la perte des territoires. Machiavel pour autant, explique que ce serait du à une mauvaise fortune (au sens de mauvaises circonstances). Mon questionnement est simple finalement. Comment, ou plutôt par quels critères de jugement est-il possible d’affirmer que la prise de décision a été bonne ou mauvaise?En ce sens, ce qu’il nomme la fortune englobe un trop grand nombre de choses : les circonstances, sa subjectivité, un ensemble d’acteurs, un moment T…

Machiavel, a certes une vision rationnelle, rationalisante, mais les concepts, les stratégies sont à ses débuts. On sent qu’il pose les fondements d’une sorte de science politique/diplomatique/stratégique . En ce sens, cela est fondateur mais il manque, me semble-t-il, un travail sur ce que lui il nomme la fortune, ou encore sur la formation des hommes, sur l’apport de l’éducation de la formation (ce qu’il n’évoque pas) , le mode de vie, la technologie etc. Ce que je veux dire par là,    c’est qu’il considère à chaque fois un » pied d’égalité « entre les différentes nations ou seule la stratégie « décisionnelle » serait déterminante.

Note sur le terme fortune.

Revenons sur le terme fortune employé par Machiavel. La première définition du terme que je donnerai et les aléas des circonstances que la décision humaine ne peut contrecarrer. Et c’est à peu près cette définition que je trouve sur « les chemins de la pensée » de Jacqueline Russ en effet il est noté : « la fortune, ensemble de circonstances complexes et mobiles, devant lesquels l’homme est impuissant s’il n’utilise, au bon moment, le bon moyen : l’occasion propice à l’initiative audacieuse ; »

cette définition est assez intéressante pourtant elle ne relève pas de l’ensemble du contenu de ce mot utilisé par Machiavel.

« La notion de fortune est chargée de rendre compte de la part d’imprévisible que comporte irrémédiablement l’action humaine. « Fortune » exprime cette idée que la volonté la plus déterminée n’est jamais en mesure d’imposer complètement la forme souhaitée à la matière politique. » (Machiavel le prince, Nathan)

On remarque là, qu’il y a plus que le déterminisme, il y a aussi la réaction des autres acteurs. Et ce dernier point pose problème. En effet Machiavel dans son livre essaye de rendre compte des meilleures décisions possibles. Notamment les réactions des autres chefs de guerre ou hommes politiques. Or, il laisse un concept de fortune qui ne permet pas d’anticiper les réactions.

Cette ce que J.Y Goffi appelle «  loi de la fortune » notamment par cette citation prise du livre le Prince : « le temps chasse également toute chose devant lui, et il apporte à sa suite le bien comme le mal, le mal comme le bien. »

 

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