Marchés financiers, Publication #1

Pourquoi les marchés financiers peuvent paraître contre nature?

Aristote dans son pèlerinage philosophique avait distingué enrichissement naturel et enrichissement artificiel, établir une correspondance entre sa conception antique et les marchés financiers semble aller de soi. Néanmoins précisons ce que nous entendons par marchés financiers pour bien mettre en évidence cette connexité.

Comprenons d’abord le terme marché qui est le lieu de rencontre d’une offre et d’une demande. Notons qu’un marché n’est pas forcément un lieu physique, réel, il peut tout à fait être virtuel (fictif) et c’est le cas, quand par exemple, vous achetez un livre sur internet. Si, sur les marchés à Grand-mère on marchande les fruits et les légumes, sur les marchés financiers on négocie de l’argent ! Autrement dit, on retrouve une demande et une offre, qui peut se former par des demandeurs qui ont un besoin de financement et des offreurs à capacité d’épargne positive. Les produits que l’on retrouve sur les marchés financiers sont généralement des actions, des obligations ou encore des titres mixtes.

Une action ou une obligation est un titre de propriété. Pour expliquer plus simplement, les entreprises qui distribuent des actions, vont découper leurs entreprises en plusieurs morceaux pour ensuite les vendre. Tout ça, Dans l’intérêt d’encaisser des fonds afin d’investir ou encore pour se développer. Pour celui qui achète des actions, le but est de recevoir des dividendes. Analogiquement dit, l’actionnaire est un magicien qui arrive à multiplier de l’argent avec de l’argent. Et c’est ce point exactement que dénonce Aristote !

Voyez plutôt par vous-même avec cette longue citation :

« Mais il existe un autre mode d’acquisition qu’on appelle surtout, et avec raison, l’art d’acquérir, c’est celui qui ne met point de limites à la richesse et à l’acquisition, et que l’on croit généralement être le même que celui dont je viens de parler à cause du voisinage qui les rapproche. Il n’est pas le même et il n’en est pas non plus très éloigné ; l’un est naturel, l’autre ne vient pas de la nature, et il est plutôt le résultat d’une industrie et d’un certain art. Essayons d’en saisir le principe et l’origine.

Toute propriété a deux usages qui, tous deux, lui sont inhérents, mais de manière différente : l’un est propre et direct, l’autre ne l’est pas, par exemple, la chaussure ; on peut la mettre à ses pieds ou s’en servir comme d’un moyen d’échange ; voilà deux manières d’en faire usage. Celui qui échange une chaussure contre de la monnaie ou contre des aliments avec celui qui a besoin de chaussure en fait bien usage, en tant que chaussure, mais non pas un usage propre et direct, car elle n’a pas été faite pour l’échange. Il en est de même de toutes les autres choses que l’on possède, car il n’y en a aucune qui ne puisse devenir l’objet d’un échange ; et l’échange a son principe et son fondement dans la nature, parce que les hommes ont en plus ou moins grande quantité les choses nécessaires à la vie.

Ce qui prouve encore que le commerce de détail n’appartient pas naturellement à la science d’acquérir la richesse, est que d’abord l’échange ne pouvait se faire que dans la juste proportion du nécessaire. On voit donc que dans la première association, celle de la famille, ce commerce était inutile ; le besoin ne s’en fit sentir que quand la société devint plus nombreuse. Dans la famille, tout était commun à tous ; après qu’on se fut séparé, une communauté nouvelle s’établit pour des objets non moins nombreux que les premiers, mais différents, et l’on fut obligé de s’en faire part selon les besoins, et par la voie des échanges, comme font encore beaucoup de nations barbares. On y échange des objets utiles contre d’autres objets utiles, mais rien de plus : par exemple, on donne et on reçoit du vin pour du blé, et ainsi de suite pour tous les autres objets.

Ce genre d’échange n’est donc pas contre la nature, et il ne constitue pas non plus une manière nouvelle dans l’art d’acquérir des richesses, car il n’avait à l’origine d’autre but que la satisfaction du vœu de la nature.

Cependant c’est de lui, selon toutes les apparences, que la science de la richesse a dû naître. À mesure que les rapports de secours mutuel se développèrent par l’importation des choses dont on manquait, et par l’exportation de celles qu’on avait en surabondance, l’usage de la monnaie dut nécessairement s’introduire, car les objets dont la nature nous fait un besoin ne sont pas toujours d’un transport facile. On convint de donner et de recevoir dans les échanges une matière qui, utile par elle-même, fût facile à manier dans les différents usages de la vie, comme le fer, l’argent ou toute autre substance dont on détermina d’abord simplement la dimension et le poids, et qu’on finit par marquer d’une empreinte pour s’éviter l’embarras de mesurages continuels ; l’empreinte y fut mise comme signe de la qualité.

Lorsque la nécessité des échanges eût amené l’invention de la monnaie, il parut une autre espèce dans la science de la richesse ; c’est le commerce de détail, qui se fit d’abord peut-être d’une manière fort simple, mais où l’expérience introduisit ensuite plus d’art, lorsqu’on sut mieux où il fallait prendre les objets d’échange et ce qu’il fallait faire pour avoir le gain le plus considérable. Voilà pourquoi la science de la richesse semble avoir pour objet l’argent monnayé, et son principal but est de trouver les moyens de s’en procurer une grande quantité ; c’est, en effet, cette science qui produit l’opulence et les grandes fortunes. Aussi est-ce avec raison que l’on cherche s’il n’y a pas quelque autre richesse et quelque autre science d’acquérir la richesse ; en effet, la richesse et l’acquisition naturelles sont choses bien différentes ; elles constituent la science économique, différente du petit négoce qui produit à la vérité de l’argent, mais pas dans tous les cas, seulement quand l’argent est le but définitif de l’échange. La monnaie est l’élément et le but de l’échange, et la richesse qui résulte de cet art d’acquérir n’a point de limites. » Aristote, Politique, I, 9, 1256 b 40 – 1257 b 20.

Mais d’après vous, la remarque d’Aristote est-elle encore valable ? A-t-il pleinement raison de penser ainsi, à l’heure où les marchés financiers représentent une bonne partie de notre économie et contribuent à la croissance économique ?

Bibliographie :

 En ligne : Aristote, 2016, « La chrématistique ou l’art d’acquérir », dirigeant.fr, (http://www.dirigeant.fr/011-1045-La-chrematistique-ou-l-art-d-acquerir.html), décembre.

Jean-Yves CAPUL, 2008, dictionnaire d’économie et de sciences sociales, Hatier

François S. Fall, 2012, Mondialisation des économies : Monnaie, Banque et finance, SED

Hypothèse Gaïa de Lovelock : 

Cette théorie (hypothèse Gaïa) rentre en contradiction avec plusieurs conceptions épistémologique mais aussi avec l’explication « standard » de la théorie de la sélection naturelle sur certain aspect :

« (…) critique que Dawkins et Doolitle portent au début des années 1980 : la Terre n’étant pas soumise à sélection et la sélection naturelle étant la seule explication disponible pour rendre compte des régulations fonctionnelles des organismes, HG doit être abandonnée (…) » ( voir, Comment le modèle Daisyworld peut-il contribuer `à l’hypothèse Gaıa?, de Sébastien Dutreuil) 


Sinon pour le conflit épistémologique, il peu se comprendre avec cette simple phrase : Le physique est plié par le biologique »
« Plié » renvoie aux conditions d’extension, et au deux sens du mot. La première, extension conservatrice c’est à dire à la logique mathématique, à la théorie des modèles, où l’empilation « théorique » ne change pas les présupposés de départ qui eux sont finalement indémontrable.

La seconde extension est constructive, comme par exemple avec l’arithmétique (ex Peano, sans l’infini) On part d’axiomes pour arriver à des formules puis des théorèmes afin de dégager des lois mathématiques. Autrement dit toute formule doit-être déductible.
On peut considérer qu’il y a deux courant épistémologique, soit le réductionnisme radical qui amène à penser que la biologie n’existe pas ou un réductionnisme plus soft (Kin/Rosenberg/ ETc) .

Pour le second courant, la nature est une pyramide avec plusieurs « strate » qui ont des logiques différentes. Et c’est bien évidemment la physique qui joue le premier rôle. Pour expliquer cette pyramide on peut dire que : il n’y a pas de cellule sans atome mais on peut avoir des atomes sans cellule. La propriété des cellules étant différente de la propriété des atomes. (On pourrait dire pareil de l’âme, l’âme à besoin d’un corps mais un corps n’a pas forcément besoin d’âme.) Bref voilà comment en « épistémologie soft » on instaure une hiérarchie. En d’autres termes, il n’y a pas d’implication nécessaire. On passe d’une indépendance physique à une représentation pyramidale. 


Avec Lovelock la géophysique est plié par le biologique, c’est-à-dire qu’il y a une incompatibilité avec cette pyramide et la notion de complétude. La constructivité deviens centrale et il n’y aurait pas de hiérarchie, ni de rapport linéaire. 

Pour plus d’informations:

https://www.philosophie.ch/fr/gaia-n-est-elle-qu-un-thermostat-sur-la-lecture-de-james-lovelock-par-bruno-latour
https://www.notre-planete.info/actualites/4629-hypothese-Gaia-terre-etre-vivant

 

 

Croyance et zététique.

« la langue française ne permet pas de faire la distinction entre la croyance comme acte de foi (faith) et la croyance de type adhésion (belief). Le recouvrement des deux acceptions du même terme crée ce que les zététiciens appellent un effet paillasson. Pour sortir de ce glissement sémantique, nous avons proposé la notion de remport d’adhésion, qui se rapproche de la définition anglo-saxonne de rationnal belief, c’est-à-dire d’une croyance produite par une démarche d’énonciation de vérité susceptible d’être infléchie par le raisonnement ou l’expérience. »
« A eux de voir) les choix moraux personnels des interlocuteurs/étudiants — et ne pas soulever de réactions « épidermiques » pouvant interférer avec notre enseignement – « 
Je tenais à reprendre cette « erreur » volontairement pratiquée par la doctrine zététique.À savoir la formulation qui consiste à sous-tendre que le scientifique n’a pas un savoir lié à une croyance. Comme nous le verrons (et pas d’une manière tranchée) ce refus du terme croyance pour la science est discutable. Seulement vouloir affirmer que la science s’en détache radicalement c’est bien évidemment faux, et c’est un glissement théorique qui facilite aux zététiciens des discussions sensibles et cette tendance permet d’endoctriner des étudiants/interlocuteurs dans un moule plus ou moins proche d’un scientisme.
Rappelons la théorie de Bayes qui souligne l’absence d’une dichotomie entre ce que l’on croit et ce que l’on ne croit pas. Et qui propose de voir la croyance en degrés de croyance du moins probable au plus probable. Croyance = degré de probabilité. De plus, ces informations sur le monde ne sont pas figées, et nos représentations du monde peuvent changer.
Autrement dit entre les sciences et les Para-sciences la différence se joue en matière de degré de probabilité. Rien que cette « LOI » vient contredire la séparation stricte de Richard Monvoisin.
Mais continuons:
Dans la citation ci-dessus, Richard fait une opposition discrète entre l’expérience/raisonnement et (structures) théorique de la croyance. Il me semble bon de revenir sur cette dualité en posant le problème différemment: La théorie scientifique est-elle une invention (ou une découverte)? (voir google pour ce sujet de philosophie)
À cette dissertation la conclusion serait qu’une théorie scientifique est toujours une invention mais qui se confronte aux faits observés.( Aussi, elle peut être une découverte (ex: l’héliocentrisme))
C’est une invention car :
1 On place une hypothèse a priori, et les expérimentations sont construites pour vérifier l’hypothèse
2 les mathématiques sont des vérités abstraites conçues par l’esprit humain
3 L’interprétation est nécessaire en sciences humaines.
La malice de Richard est de se positionner sur les conséquences. C’est à dire du résultat des sciences et non sur un postulat de départ. Autrement dit, c’est hypothèse versus conclusions. Où de la confrontation des « vérités » scientifique établies contre une hypothèse en para-science en quête de vérification.
Continuons sur un dernier point: est-ce que l’expérience scientifique nous apporte l’ultime certitude et nous donne une connaissance définitive?
Einstein à ce propos disait: « une somme d’expériences ne peut jamais prouver que j’ai raison; une seule expérience peut, n’importe quand, me prouver que je me suis trompé »
Pour prendre qu’un seul exemple (afin de ne pas être trop long) avec la théorie Newtonienne de la gravitation qui avait conduit à la découverte de Neptune, elle aurait dû, de fait, conduire à la découverte de pluton mais elle a échoué à rendre compte des anomalies du périhélie de mercure… Autrement dit il y a une caducité des théories scientifiques qui ont une durée temporaire de leur règne. À voir par exemple la réfutabilité de Popper (que les zet aiment bien le citer).
Il est vrai ceci dit que la science expérimentale pourchasse l’anthropomorphisme sous toutes ses formes. Et qu’il n’y a pas réellement une relativité entre les diverses connaissances scientifiques et anthropomorphiques. Cependant, le cerveau ne range pas délicatement les informations dans une partie dédiée aux savoirs vraisemblable ou improbable.
Conclusions: La science repose aussi sur une croyance au moins au départ!
Cependant, il est vrai qu’ensuite, le savoir scientifique n’est pas égal à l’opinion

Bibliographie:

Le Monde philosophie « Réviser son bac avec Le Monde »
et Flash louis-Marie Morfaux
web: https://cortecs.org/materiel/le-dou…

L’individu est-il maître de sa destinée?

Au préalable définissons la notion de fatalisme pour l’explorer : Le fatalisme est « une doctrine ou attitude selon laquelle on ne peut modifier le cours des événements fixés par le destin » (Dictionnaire le Robert). Fatalisme provient de l’étymologie du latin fatum qui est lui-même le terme ancien des philosophes antiques pour désigner la fatalité. À la différence de l’emploi actuel, le fatum n’est pas directement lié à un pessimisme et à un refus de vouloir comprendre les événements. Bien au contraire, le fatum antique consiste à vouloir activement comprendre les choses avec enthousiasme mais cependant pour les accepter pleinement.

Le fatalisme par rapport aux religions monothéistes et polythéistes.

On retrouve aujourd’hui une forme de fatalisme dans les religions monothéistes où Dieu connaît parfaitement notre avenir. Soulignons qu’il est question de la toute-puissance de Dieu et non de la position humaine. Et qu’à l’intérieur des dogmes monothéistes l’accent de la toute-puissance divine y est contrebalancé par l’affirmation tout aussi forte de la liberté et de la responsabilité humaine. En d’autres termes, il y aurait des prédéterminations (comme par exemple la durée de vie) mais aussi une échappatoire à un fatalisme total. En effet, le jour du prétendu jugement ou chaque atome de bonnes actions ou de mauvaises actions est pesé sur la balance, et à l’évidence il est nécessaire d’avoir la plus totale liberté, sans quoi le jour du jugement n’aurait aucune valeur.
On retrouve aussi des similitudes entre les religions monothéistes et les religions polythéistes des Grecs et des Romains en cette dualité de la liberté et du fatalisme. En effet, les Grecs et les Romains affirment à la fois l’immutabilité du fatum et la possibilité de rompre avec. C’est à dire d’obtenir des faveurs divines en effectuant des sacrifices ou des offrandes ou plus simplement un dévouement. Ce contrebalancement entre les toutes-puissances divines et le libre arbitre favorise l’exaltation d’une affectivité. Qui est, en l’occurrence de l’ordre de la crainte. Mais pas seulement ! On passe alors à une conception irrationnelle. Pourquoi craindre les dieux avec un point de vue logique ? Un des principes du « tetrapharmakon » d’Epicure nous indique de ne pas craindre les dieux car ils sont autosuffisants et pleinement heureux et notre sort est probablement indifférent à leurs yeux. Néanmoins nous pouvons, ou pas, nous en tenir à la raison que nous offre ce monde ou bien garder l’espoir d’un monde nouveau après cette vie. Ce qui ne dépendrait plus des mêmes forces. Notons que la science a l’impératif de s’en tenir à ce qu’elle peut prouver, Autrement dit au fait, ou à des raisonnements qui sont soumis à une validité. Par exemple le fatalisme, selon le critère de réfutabilité de Popper, ne peut être considéré comme une théorie scientifique. Il serait plutôt de l’ordre de la métaphysique. Effectivement, le fatalisme est irréfutable, puisque aucune action ne peut le contredire sans être elle-même déterminée. Cette précision semble nous signaler que le véritable combat de la science a toujours été son expansion en partant de son noyau. Où la solidité du raisonnement suffit à rompre avec les conceptions primitives. Toutefois l’irréfutabilité de Popper n’est pas irréfutable, il est donc indispensable d’examiner le concept avec plus de rigueur.

Fatalisme et paroles magiques.

Le fatalisme a un lien fort avec la magie c’est-à-dire qu’il entretient une proximité avec les anciennes croyances tel que les oracles, les pratiques divinatoires, l’astrologie, la sorcellerie des sorciers, des druides ou autres marabouts.
L’idée est que : ce qui est dit va se produire. Inévitablement se produire. De telles prédictions fatalistes ont un retentissement certain sur l’imagination. Nous pouvons attribuer un pouvoir invisible et immédiat aux mots (en fonction de notre croyance). On pourrait se questionner sur l’origine de ce pouvoir : d’où provient-il ? Comment fonctionne-t-il ? Quelles sont ces puissances mystérieuses ?
On pourrai recommencer avec l’exposition du critère d’irréfutabilité de Popper ou par d’autres procédés pour en juger de la validité. Mais même si la plupart des prophéties auto réalisatrice sont réfutables, on peut observer notamment avec la sociologie, que parfois, la magie opère. Afin d’élucider le propos, il faut changer la question de : quelle est cette magie qui transforme les mots en réalité ? En, qui la détient, qui détient ce pouvoir ?
En effet, le marabout ce n’est pas n’importe qui. On pourrait trouver en la formulation magique un archaïsme. Et pourtant, dans les sociétés modernes actuelles nous n’échappons pas à une fonction similaire.
La mise en scène des mots est d’autant plus frappante quand la prédiction se traduit en échec. Quand on espère voir tomber la pluie et que celle-ci ne vient pas. Quand les mots ne sont pas suffisants à la réalisation. L’échec est alors amené à d’autres causes comme : « les esprits ne sont pas satisfaits », « la nature est toute puissante » etc. Il y a une étanchéité à la magie qui se traduit en fatalisme. En effet, en aucun moment il est possible de briser le sort, de changer le destin. À ce propos on peut voir une corrélation entre l’ignorance et l’impuissance avec la confiance en des pouvoirs magiques.
Néanmoins il existe aujourd’hui encore des prophéties auto réalisatrices plus sournoises encore que les anciennes. C’est notamment à Howard Soul Becker que l’on a pu démontrer la puissance du langage avec sa théorie de l’étiquetage. « Pour Becker, notre identité et notre comportement sont déterminées par la façon dont nous sommes décrits et classés ». (Sociologues, les grandes idées tout simplement, ed . Prisma). En d’autres termes, les règles de la société ne sont pas fixées en toute neutralité. Le poids des normes sociales a un effet direct sur l’acceptation (et l’intériorisation) de la fatale est inéluctable sentence des puissants. Par exemple pour un acte de délinquance identique de cassage de vitre après une alcoolisation, le groupe A d’étudiants aisés aura comme étiquette des frasques de jeunesse tandis que le groupe B d’étudiants d’origine modeste aura l’acte qualifié de délinquance. Toutefois les règles ou les normes ne sont pas immuables. Le pouvoir du langage qui engendre des normes et des règles produisent incontestablement du fatalisme. Mais dans des circonstances précises et des règles définies (formelle ou informelle).

Le fatalisme et les fables.

Les fables sont certainement la façon la plus brillante pour illustrer la différence entre fatalisme et déterminisme. Malgré leurs réalités fictives, elles sont riches d’enseignement. Etant donné la popularité de ces histoires et les multiples dissertations qui inondent le web, je ne développerai pas les fables les plus connues. J’invite, par contre à lire la courte histoire d’Eschyle qui croit pouvoir éviter son destin mais qui pourtant est rattrapé par la prédiction. Que devons-nous retenir de ces histoires ?
Eschyle a voulu échapper à son destin . Tous les efforts effectués, pour changer le destin non pas eu l’aboutissement espéré. Autrement dit, quelles que soient les causes, la conséquence annoncée se produit. On pourrait le formuler simplement comme ça : Peu importe ce que tu peux faire pour changer les choses, ce qui doit advenir adviendra ! Il y a ici, une finalité, et non une causalité ! C’est comme une finalité suspendue qui ne dépend plus d’aucune prémisse. Sartre développe bien évidemment cette caractéristique du fatalisme pour l’opposer à la liberté. A quoi peuvent bien servir nos actions si elles sont condamnées à ne plus avoir les effets attendus. Si les causes ont la censure du destin, alors rien n’est possible. Tout est écrit…mais où ? Bien évidemment, nos observations et nos expérimentations démontrent que le principe de causalité reste certainement aujourd’hui encore une des fondations du raisonnement des plus sûres .
On peut aussi à partir de là (des fables) pour qualifier le fatalisme d’irrationnel. Etant donné qu’il n’obéit pas au principe de causalité, comment la raison pourrait-elle en rendre compte ?

Du fatalisme à l’obstacle du déterminisme absolue.

Le fatalisme comme nous l’avons vu repose sur le devenir. Et la causalité ignore le devenir. Ceci dit, l’homme est contraint bien souvent d’analyser les événements après coup. On peut observer une autre irrationalité si l’on pousse la logique sous-jacente et rétrospective à son paroxysme.
Que peut-on dire par exemple de cette citation : « Si ton destin est de guérir de cette maladie, tu guériras que tu aies appelé ou non le médecin ; de même, si ton destin est de n’en pas guérir, tu ne guériras pas que tu aies appelé ou non le médecin ; or ton destin est l’un ou l’autre ; il ne convient donc pas d’appeler le médecin. »— Cicéron, Traité du destin, XIII.
Admettons que vous appeliez le médecin, et que vous guérissez.
Alors on pourra dire : c’était votre destin de l’appeler et de guérir
A l’inverse, si vous n’appelez pas le médecin, et que vous guérissez. Alors on pourra dire : c’était votre destin de ne pas l’appeler et de guérir.
En d’autres termes, toutes les actions peuvent être justifiées, mais une fois celles-ci passées.
Ici, ce qui pose problème ce n’est plus la finalité ou les conséquences, mais les causes.
En réalité, à un moment présent nous ne savons pas si en appelant le médecin on va guérir, ou si on ne va pas guérir. On ne sait pas non plus si on va l’appeler ou non.
Autrement dit, à un moment présent, l’histoire devient incertaine. On change donc l’incertitude intrinsèque à l’épreuve, en certitude rétrospective.
C’est-à-dire qu’on est dans un arbitrage : la nécessité conditionnelle de la situation vécue à un moment présent se change en nécessité absolue rétrospectivement.

Bibliographie

Sociologues, les grandes idées tout simplement, Editions Prisma
La dissertation Littéraire, Alex Preiss, Armand colin Flash, L’épreuve écrite de philosophie, Louis-Marie Morfaux, Armand colin
Dictionnaire des synonymes, Henri Bertaud du Chazaud, Robert
Les chemins de la pensée, Jacqueline Russ, Bordas
Méthodologie philosophique, Dominique Folscheid, Jean-Jacques Wunenburger, Phillippe Choulet, Puf, Quadrige Manuels
Philosophie, la philosophie de A à Z, Elisabeth Clément , Chantal Demonque, Laurence Hansen-love, Pierre Kahn
Web :
http://lenuki69.over-blog.fr/
https://www.youtube.com/watch?v=RLMEuAXnX74
https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Accueil_principal